Compte rendu des séances de partage à thèmes
Novembre 2009
Nombre de participants : 6.
La notion de communauté ne se limite pas à la vie en communauté, mais recouvre également d’autres choses : une communauté religieuse (ex. juive, musulmane…), scientifique, idéologique (ex. la « sangha » des bouddhistes), linguistique (ex. la francophonie), culturelle (ex. le quartier chinois, les Hammish), un mouvement sectaire…
Plusieurs exemples concrets sont donnés : celui d’un quartier résidentiel dans lequel résident des personnes handicapées, qui se rendent visite et qui bénéficient d’un service de soins de santé 24h/24 ; pour les personnes âgées, des maisons où chacun possède sa propre chambre et partagent un salon et une salle à manger en commun.
Qu’est-ce qui différencie un groupe – comme une classe d’élèves, une équipe de football, un groupement d’achat groupé ou un village - d’une communauté ? Dans une communauté, il y a la décision de faire partie de cette communauté, il y a la mise en commun de biens, la présence d’une hiérarchie, d’une doctrine de référence, et il y a aussi ce sentiment de faire partie d’une communauté (communion, fraternité).
Plusieurs caractéristiques sont liées à une communauté, notamment le degré de liberté de chacun des membres : ont-ils leur mot à dire dans les décisions qui les concernent ou ces décisions sont-elles prises par un gourou ? Du fait de leur personnalité, certains personnes peuvent apprécier de s’en remettre complètement à une autorité extérieure, tandis que d’autres privilégieront leur liberté personnelle et leur esprit critique.
De fait, la communauté répond à certains besoins et intérêts : de sécurité, de partage, de dépendance, de restreindre les dépenses…
Octobre 2009
L’entraînement mental est un outil qui a pour but de sortir d’une « situation concrète insatisfaisante ». On applique à cette situation 4 questions : « De quoi s’agit-il ? », « Quel est le problème ? », « Pourquoi est-ce ainsi ? » et « Que faire ? ».
Le groupe participe au processus.
Le groupe est parti de la situation d’une des participantes : « J’ai des difficultés à organiser mes tâches ménagères ».
Il est apparu que cette difficulté n’a pas toujours été présente (OK dans un contexte professionnel) et que la participante arrive à « se booster » la veille de l’arrivée de ses enfants.
La difficulté n’est pas due à un manque de temps, mais bien à un manque d’envie, de motivation.
De plus, la participante se refuse à faire appel à une aide extérieure.
Septembre 2009
Nombre de participant(e)s : 11.
Plusieurs types de liberté sont distinguées : la liberté de penser, la liberté d’expression, la liberté d’action, la liberté de créer, d’imaginer, la liberté de décider de sa mort… L’animalité pourrait être un modèle de liberté.
Trop de liberté peut insécuriser ; nous avons besoin de limites.
La société fixe aussi des limites afin que la vie en communauté soit possible ; ce sont les lois et les règlements qui font partie du « contrat social ». Les règles sont d’autant plus acceptées que leur bénéfice saute aux yeux.
Parfois, ces règles sont édictées par les religions (« Tu ne tueras point »).
Différents systèmes constituent des violations à la liberté : les dictatures ou les entreprises déshumanisantes. Dans ces entreprises, le personnel humain est réduit à des rouages que l’on peut jeter et remplacer.
Le couple n’est pas toujours vécu comme aliénation de sa liberté ; certains y voient même un levier pour développer sa liberté. Une autre estime qu’elle peut s’attacher à moitié, l’autre moitié restant libre.
Certaines personnes ont le sentiment d’être libres bien ancrées en elles, tandis que pour d’autres cela a pris du temps à se développer, à force de travail sur soi. « La liberté a un prix ».
Chez les bouddhistes, la liberté, c’est de se libérer de l’ego.
Pour d’autres, conserver leur liberté consiste à mettre des barrières face aux personnes qui empiètent sur leur territoire.
Un sentiment de libération peut également être obtenu quand on arrive à pardonner ; on se sent libère du sentiment toxique de rancœur. Cependant, cette notion de pardon est controversée et certains préfèrent occulter leurs sentiments.
Enfin, une autre piste pour se sentir plus libre consiste à se détacher du regard des autres.
Pour terminer, une participante rappelle les acquis récents des femmes en matière de liberté : droit de vote, contraception, études…
Séance du 2 septembre sur le thème « Les prisons », présenté par Jacques.
La prison se définit avant tout par la restriction de liberté. Si elle est en général connotée négativement, il est cependant des personnes qui y ont connu une transformation positive.
Lors du partage, 3 types de prisons ont été distingués :
* la prison physique, celle où les personnes qui ont été condamnées par la justice sont incarcérées ;
* la prison intérieure, psychologique, qui est due à une timidité, à une peur, à la culpabilité, au fait de vivre avec ses problèmes, sa souffrance ;
* certains milieux où un contrôle est exercé, comme le milieu professionnel (évaluation des travailleurs, caméras de surveillance, contrôle internet…).
Le fait de devoir choisir un camp, alors que cela ne nous convient pas, peut constituer une limitation, un enfermement, et donc une prison.
De même, les déterminismes, qu’ils soient sociaux, biologiques ou autres, sont autant de « prisons », d’ornières.
Dans cet ordre d’idées, suivre une thérapie pourrait constituer une démarche visant à sortir de sa prison, c’est-à-dire à élargir son champ de possibles. Arriver à mettre des mots sur un vécu constitue parfois une alternative au passage à l’acte violent.
La société est bien sûr mise en cause dans le développement de la criminalité, tout en reconnaissant que certaines personnes présentent un profil pervers, psychopathe. L’importance d’une éducation intégrant des valeurs morales et humaines est soulignée.
AOUT 2009
Nombre de participant(e)s : 11.
De façon stricte, le « secret de famille » désigne le silence qui entoure une situation vécue par un membre de la famille, que l’enfant perçoit de façon diffuse et dont il souffre. Il peut s’agir d’un viol, d’un inceste, d’un adultère, d’une fortune acquise de façon malhonnête, d’un suicide, d’une homosexualité…
L’événement est passé sous silence pour divers raisons : par honte, par peur d’une condamnation pénale, pour éviter la souffrance, pour protéger son entourage, par peur que ce soit utilisé contre soi…
Outre le fait mentionné que cela crée une tension dont l’enfant peut souffrir, le secret non divulgué peut entraîner une répétition inconsciente de la situation chez les descendants. D’autre part, chez la personne qui détient le secret, il peut représenter un poids et elle peut se sentir seule.
Lever le secret demande du courage, car on peut se heurter à un mur, à un déni, au rejet. En insistant, on obtient généralement la réponse à ses questions.
Le secret, ce peut être aussi celui qui porte sur des faits que l’on a commis ou subis soi-même.
Il peut être total, c’est-à-dire qu’on n’en parle à personne, tout comme il peut être partiel (on en parle à certaines personnes, mais pas à d’autres).
En famille, une autre situation liée à la non expression, peut s’avérer problématique pour les enfants, c’est la difficulté pour les parents à mettre des mots sur leurs émotions et à évoquer leur passé. Cela peut provoquer un manque de connexion et de confiance entre les parents et l’enfant. Autre situation : les sujets tabous comme la sexualité ou la mort, le déni de la préférence du parent pour un enfant.
Par analogie – dans l’intention de cacher -, le jeu social a été aussi évoqué ; en société, on tend à se présenter sous son meilleur jour ; on présente son Moi social, réservant l’expression de son Moi intime à des relations plus proches.
En élargissant le thème, on en arrive au secret professionnel et au secret dans le couple.
Se pose la question : est-il bon de tout dire ?
Certaines personnes jouent avec les secrets ; cela leur confère un sentiment de pouvoir. Les médias jouent aussi là-dessus, à travers les « secrets » de l’éternelle jeunesse ou de beauté. D’autres, à l’inverse, ne supportent pas les secrets et les mensonges.
Le secret présente aussi un aspect positif ; il permet de créer un climat propice à la confiance, au développement de l’amitié ; c’est le fameux « jardin secret » qui procure un sentiment de liberté.
JUILLET
Séance du 22 juillet sur « Les parents toxiques »
Nombre de participant(e)s : 8.
Il y a 100 ans, on ne se serait pas permis de critiquer les parents ; ceux-ci avaient tous les droits sur leurs enfants et le sujet était tabou. Alice MILLER, psychanalyste suisse, a décrit dans son livre « C’est pour ton bien » les méfaits de la pédagogie noire.
Aujourd’hui, l’enfance est reconnue comme une période de la vie et les besoins spécifiques de l’enfant sont pris en considération.
Certains comportements de la part de parents sont jugés toxiques : le déni, le silence, la violence physique et psychologique (moqueries, dévalorisations, culpabilisation…), la surprotection… Par « toxique », il faut entendre tout comportement qui porte préjudice au bien-être à long terme de l’enfant.
Généralement, l’adulte qui a connu des parents toxiques cherche à éviter la répétition et à donner à ses enfants ce qui lui a fait défaut. Et, dans l’ensemble, il y arrive, même si à certains moments, les fantômes du passé réapparaissent, sous la forme par exemple d’un comportement semblable au parent. Et même si, à force de vouloir bien faire (ex. tout expliquer), on peut aussi mal faire.
Séance du 8 juillet 2009 : « Sortir d’une situation insatisfaisante par l’entraînement mental », atelier animé par Patrick.
Nombre de participants : 11.
Chacun, à tour de rôle, a exposé brièvement une situation insatisfaisante pour lui. Puis, par vote, l’une d’elles a été retenue pour la séance.
Il s’agissait de la difficulté pour une participante de sortir de chez elle après 17h.
La méthode de l’entraînement mental fait appel au groupe ; celui-ci se mobilise pour poser des questions à la personne concernée et pour répondre aux 4 points suivants : 1. De quoi s’agit-il ? 2. Quel est le problème ? 3. Pourquoi est-ce ainsi ? 4. Que faire ?
Le groupe n’a pas pu parcourir l’ensemble de ces 4 étapes car la personne sur la sellette a senti monter une émotion en elle et le travail n’a pas été poursuivi.
En cours de route, les aspects de la situation, ainsi que les acteurs inhérents à cette situation, ont été analysés.
JUIN
Partage à thème du 24 juin
« Oser dire non »
Présentation du thème par Nicole.
Certaines personnes en particulier peuvent avoir du mal à dire non. Dire non à quelqu’un qui exprime un désir (ex. l’enfant qui veut un jouet), qui vous demande un service (ex. babysitting), qui vous importune (ex. colporteur)…
C’est le cas des personnes qui ont pour principe de faire plaisir à tout le monde. On les appelle des « Sauveteurs ». Lorsqu’elles disent non, elles se sentent mal, coupables.
Dans certaines relations, comme l’amitié, on peut se sentir plus libre de dire non.
Si nous disons non à des invitations successives, la personne qui nous a invités peut se lasser et cesser de nous inviter. Si nous souhaitons conserver la relation, il est peut-être bon d’inviter aussi de son côté et d’expliquer pourquoi nous avons décliné l’invitation (ex. trop loin, trop cher). Ou encore, de chercher une solution qui permettra de répondre favorablement à l’invitation (ex. oui, mais je préférerais que ce soit toi qui vienne parce que je n’ai pas envie de faire la route).
Notre difficulté face au non vient peut-être du fait que le système d’éducation met l’accent sur les interdictions et n’a pas beaucoup recours aux encouragements.
Pour faciliter le non, nous pouvons donner quelques mots d’explication, et nous pouvons aussi proposer une solution de rechange (ex. pas maintenant, mais peut-être plus tard ; ex. moi je ne peux pas, mais demande à ton père).
Ensuite, lorsque nous avons réussi à dire non, il nous reste encore à affronter la réaction de l’autre, qui n’est pas toujours dans l’acceptation. Dans ce cas, nous pouvons nous mettre à l’écoute de l’autre et refléter son sentiment (ex. je vois bien que cela ne te plaît pas, mais je préfère être sincère avec toi).
Une autre situation est abordée, c’est celle où l’on perçoit qu’il y a une tension dans la relation, un non dit. Il est bon alors de se mettre autour de la table pour crever l’abcès, pour se dire.
18 juin 2009. Intervision.
Thèmes abordés
Le contre-transfert
La gestion du transfert
Situation où un client est suivi par plusieurs personnes (interférences, communication…)
Gestion des personnalités difficiles dans un groupe (contre-pouvoir, manipulation…).
Séance du 10 juin, sur le thème « L’amour », présenté par Rose-Madeleine.
Nombre de participants : 6.
Qu’est-ce que l’amour ?
C’est à la fois une émotion/sentiment, une attitude (état d’esprit, disposition vis-à-vis de l’autre), une décision et un comportement.
Le sentiment provient de 4 aspects : l’attirance physique (sens esthétique, énergie, phéromones), l’harmonie au niveau des idées, des valeurs, la personnalité, et le comportement.
Il y a l’amour pour autrui, et il y a l’amour de soi. L’amour de soi implique une gestion des éléments négatifs en provenance des autres.
Attitude
C’est notamment le fait d’accepter l’autre tel qu’il est, de respecter sa liberté, son autonomie. Si l’on râle sur lui, si l’on cherche à le changer, à le contrôler, à lui arracher de l’amour, on n’est pas dans l’amour.
Cependant, dans un rôle éducatif, nous sommes parfois bien obligés de mettre des limites ou de donner des sanctions.
Selon le contexte, il sera plus ou moins facile d’accepter : si je suis hébergé chez ami, je peux me soumettre sans mal aux règles de fonctionnement, à sa façon de faire ; par contre, si je suis chez moi, je laisserai passer moins de choses.
De même, en relation de couple, je serai moins dans l’acceptation totale car j’ai des attentes de rencontre, d’échanges affectifs.
Expression
L’expression de l’amour passe par des comportements (rendre service, donner un massage, offrir une fleur, un cadeau personnalisé…), par des désirs (de toucher, de faire l’amour, que l’autre soit heureux…) et des paroles (« Je t’aime »). Certaines personnes ont du mal à dire « Je t’aime », peut-être parce qu’on le leur a peu dit.
Conditions
Conditions pour aimer. La première condition serait de s’aimer soi-même. Plus je suis « dans ma maison », moins j’empiète sur celle de l’autre.
Caractéristiques.
Au niveau de la durée, le sentiment d’amour peut avoir une fin.
AVRIL
Séance du 16 avril sur « La mort ».
Le thème était surtout centré sur sa propre mort physique.
Certains estiment qu’il n’y a pas lieu d’y penser, qu’il faut surtout vivre le moment présent.
D’autres y pensent, pensent à leur entourage, ont besoin de régler l’aspect matériel pour vivre le moment présent. Certains souhaitent, le jour venu, avoir près d’eux quelqu’un qui leur tiendra la main, qui les rassurera. Ce souhait est formulé surtout par des personnes qui vivent seules.
Une autre a pris des mesures pour refuser l’acharnement thérapeutique. Un autre a prévu sa cérémonie d’enterrement, avec de la musique.
Une peur revient plusieurs fois : celle d’être enterré ou incinéré sans être mort.
La mort peut être envisagée d’autant plus sereinement que l’on a le sentiment de devoir accompli, par exemple vis-à-vis de ses enfants. Cela rejoint la question du sens de sa vie. La mort peut alors même être vécue comme un soulagement.
Toutefois, certains se demandent comment le corps va réagir au moment fatidique ; ne va-t-il pas se cabrer ?
Une participante a imaginé son épitaphe : « Elle aurait voulu être libre ».